Human-ON-the-loop

Publié le 21 mai 2026

J’ai testé la BMAD Method (Build More Architect Dreams) sur 3 projets. Voici ce que j’en retiens (spoiler : l’IA ne code pas toute seule).

On entend beaucoup parler de Vibe Coding — laisser l’IA écrire le code pendant qu’on regarde. J’ai voulu tester une approche plus structurée : la BMad Method, un framework qui simule une « équipe projet complète » via des agents IA spécialisés (analyst, PM, architect, dev, QA…).

Ce framework permet d’encadrer l’IA à chaque étape du développement.

Et donc, je l’ai utilisée sur 3 projets concrets. Le résultat est très parlant voire bluffant.

📱 Projet 1 — Une application mobile from scratch

Objectif : afficher les radars routiers autour de moi sur une carte en mode déplacement. Les données sont issues du site open data du gouvernement.

Je n’ai écrit aucune ligne de code. L’IA a tout codé. La technologie est une « webview en react ». L’installation et la génération de l’application nécessitent seulement l’installation de docker en pré-requis. Tout se passe dans les container docker. Pour moi, c’est une vraie prouesse étant donné la lourdeur des dépendances Android. Je m’égare, c’est un détail pour notre sujet. 😉

Je retiens que l’IA a été un vraie accélérateur. Cependant, il faut bien la cadrer dès le départ avec des spécifications claires et précises. Comme un véritable projet informatique. La différence est que ces spécifications sont intégrées dans la base de code et non dans un document Word ou un Jira perdu dans le cloud.

Malgré cela, l’IA est restée bloquée sur plusieurs problèmes :

  • des flèches directionnelles impossibles à corriger
  • un déplacement saccadé sur la carte.

À un moment, elle s’est mise à boucler et à consommer des tokens inutilement. J’ai donc dû reprendre la main, analyser et diriger précisément. Sans mon intervention, le projet n’aurait jamais abouti. Malgré cela, j’ai toujours des soucis et descendre au niveau d’un code que je ne connais pas aussi bien que si je l’avais écris moi-même prend vraiment du temps.

🌐 Projet 2 — Migration de mon site personnel (ce site !)

Objectif : passage de Netlify vers GitHub Pages et de Gatsby vers Astro. J’ai donc installé les agents BMAD sur un repository existant.

La partie migration technique a duré environ deux soirées. L’initialisation (brainstorming avec l’agent BMAD) a pris au moins la moitié du temps. Une vraie séance chez le psy 😀

J’ai eu deux soucis majeurs :

  • L’IA a cassé mon analytics maison (un système MQTT vers Home Assistant que j’utilise chez moi)
  • Le transfert de nom de domaine vers GitHub Pages m’a donné du fil à retordre.

L’IA m’a aidé, mais finalement, c’est moi qui ai trouvé l’origine du problème, et donc la solution. En conclusion, sans surprise, l’IA est un véritable accélérateur. Cette migration que je retardais m’aurait pris beaucoup plus de temps à la main. Néanmoins, il faut rester vigilant et travailler de concert.

🧪 Projet 3 — Un socle Selenium dockerisé

J’ai utilisé la Bmad pour construire un socle Selenium complet dockerisé avec tests automatiques vers le site demo saucedemo.com.

Le résultat est très positif. Car, cela fonctionne quasiment du 1er coup. Cela m’a pris environ 2 jours sans souci particulier. C’est un cas d’usage idéal avec un périmètre clair, peu d’ambigüité, stack technique bien documentée.

🎯 En conclusion générale

Ces trois projets m’ont confirmé une chose essentielle : l’IA ne remplace pas votre jugement, elle l’amplifie — à condition que vous restiez aux commandes.

Vous trouverez dans les ressources ci-dessous (issues de ma veille technique) des conclusions similaires :

Laurence Devillers (Sorbonne / CNRS) a une formule que je trouve brillante : utiliser l’IA sans esprit critique, c’est du « système 1 sur système 1 » — deux réflexes empilés, personne n’a vraiment réfléchi. Et c’est exactement ce qui m’est arrivé quand j’ai laissé trop d’autonomie à l’IA sur l’application mobile : elle boucle, elle s’entête, elle consomme des tokens sans avancer.

Nicolas Martignole l’a très bien montré avec la réécriture de son blog en Go avec Claude Code : 23 sessions structurées, revue de code à chaque étape, audit de sécurité proactif. Ce n’est pas du Vibe Coding, c’est du pilotage.

Sandrine BOITEAU résume parfaitement la philosophie : l’IA est un « Contrôleur Aérien » mental — elle organise et structure, mais c’est toi qui pilotes l’avion. J’ai d’ailleurs utilisé son projet second-brain pour m’aider dans la rédaction de cet article.

En résumé

  • ✅ BMAD est excellent pour la phase de conception et de structuration
  • ✅ Le delivery reste fragile — il faut guider, corriger, reprendre la main
  • ✅ Plus le périmètre est cadré, plus l’IA est efficace
  • ✅ Le vrai skill, ce n’est pas seulement de bien prompter — c’est de savoir quand reprendre le volant

L’avenir n’est pas « Human-OUT-of-the-loop » : c’est « Human-ON-the-loop » — l’humain en position d’expert, pas en consommation passive.

Et ça, aucun framework ne le fera à votre place.